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L’Escalade: Un sport et une thérapie

A l’origine, l’escalade était une activité pratiquée par les alpinistes lors de leur ascension en montagne. Dans les années 1950, l’escalade connait un fort succès et les premières salles de grimpe s’ouvrent (1). Dès lors, cette discipline est plein essor, elle allie force, endurance, mental et social.

Comment ça se pratique?

L’escalade est un sport très varié autant dans sa façon de le pratiquer, autant dans les raisons pour lesquelles on grimpe. On peut la pratiquer sur du rocher naturel ou sur des pans artificiels sur lesquels sont vissés des prises. (2)

La voie

C’est le nom que l’on donne à un itinéraire, composé de prises pour les mains et les pieds, qui permet d’atteindre le sommet d’un mur ou d’une falaise (3). Dans le langage des grimpeurs-euses, la voie fait notamment référence à de la grimpe sur une paroi de plus de 5m. Il est donc indispensable d’avoir du matériel de sécurité comme un baudrier, un système d’assurage, des dégaines (ou autre matériel plus spécifique) et une corde. Cette grimpe se fait quasi toujours à deux personnes, le grimpeur-euse et l’assureur-euse. Il existe des techniques d’auto-assurage qui permet de grimper de manière autonome, mais il faut de bonnes connaissances de cette pratique pour oser s’aventurer dans cette discipline.
Escalade la voie dehors
Escalade la voie dans une salle de grimpe

Le bloc

Le bloc consiste à grimper – en salle ou en extérieur – sur des murs de 3 à 4,50m de haut sans cordes ni baudrier, avec des matelas ou crash pad comme matériel de sécurité.  Une paire de chaussons et des habits de sport suffisent pour le pratiquer (3).

Escalade boulder
Escalade boulder dans une salle de grimpe

Escalade et blessures

L’escalade est devenue un sport très populaire. Une croissance du nombre de participants, avec des niveaux différents. Cette croissance et cette hétérogénéité entraînent inévitablement une augmentation du nombre de blessures liées à cette pratique (4). Les types de lésions sont spécifiques et multiples. Elles impliquent des parties différentes du corps selon les disciplines (voie versus bloc).

Lors de blessures, le grimpeur a pu commettre 4 types d’erreur :

  1. Technopathie : Des blessures liées à la technique. Un mouvement mal exécuté qui entraînerait une blessure.
  2. Un défaut de planification : Pas assez de temps de récupération, trop d’entraînement en peu de temps, …
  3. Utilisation du matériel mal adapté : pas de crashpad, prise trop agressive, …
  4. Des erreurs d’échauffement et de prévention : pas d’échauffement spécifique avant la séance, pas de respect de la progressivité de l’entraînement, …

Afin d’éviter au maximum ce genre de blessure ou des récidives de blessure, il est important d’avoir une bonne connaissance des méthodes d’entraînements et avoir une bonne maîtrise des facteurs pathogènes. Cette approche doit être personnalisée et suivre trois objectifs (5) :

  1. Préventions des blessures ou des récidives
  2. Gestion de la blessure (si blessure)
  3. Optimisation de la performance

L’entrainement par périodisation traditionnelle est une sous-division du programme de la saison en plusieurs petites périodes et cycles d’entrainement. A la suite d’une charge d’entraînement, une fatigue est observée et donc une baisse passagère des capacités de performance du sportif. Cette dernière est suivie d’une phase de rétablissement des capacités voire d’une amélioration des performances. C’est ce qu’on appelle la surcompensation. Pour que la performance continue de s’améliorer, d’autres charges, à des intervalles adéquats, sont nécessaires (6).

Escalade boulder avec un couché du soleil

Escalade thérapeutique

L’escalade est une activité sportive qui permet de développer, renforcer et consolider les composantes physiques et psychologiques du sujet dans sa totalité. C’est pourquoi elle a été introduite à des fins thérapeutiques et pédagogiques dans le traitement des personnes handicapées ou souffrant de maladies psychiques ou mentales (7). L’escalade a montré de très bons résultats thérapeutiques notamment chez les personnes ayant un handicap : 

  • De nature physique, comme les amputations, la paraplégie et l’hémiparésie ;
  • De nature sensorielle, comme la malvoyance ;
  • De nature cognitive/intellectuelle, comme l’autisme et le syndrome de Down.

L’escalade thérapeutique a aussi montré une nette amélioration :

  • De l’estime de soi d’étudiants souffrant de déficit de coordination moteur ;
  • De l’équilibre et donc des risques de chute chez des patients gériatriques ;
  • De la force musculaire d’adolescents souffrant de scoliose ;
  • De la spasticité chez les personnes souffrant de sclérose en plaque (8)

En conclusion

Que ce soit pour une en bloc, en voie, à l’intérieur ou à l’extérieur, que ce soit pour faire des performances, traiter des pathologies ou encore pour développer notre réseau social, nous pouvons tous trouver notre bonheur dans la pratique de cette discipline qui allie autant la force, l’endurance, la mobilité et le mental.

Bibliographie

  1. Histoire de l’escalade. In: Wikipédia [Internet]. 2021 [cité 31 mai 2021]. Disponible sur: https://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Histoire_de_l%27escalade&oldid=180798060
  2. De Vita T, Rosa R. Climbing Therapy. G Ital Educ Alla Salute Sport E Didattica Inclusiva [Internet]. 20 déc 2018 [cité 2 juin 2021];(3). Disponible sur: https://doi.org/10.32043/gsd.v0i3.85
  3. Petit lexique du grimpeur | 24 heures [Internet]. [cité 31 mai 2021]. Disponible sur: https://webspecial.24heures.ch/longform/boom-de-lescalade-dangers-guettent-grimpeurs/petit-lexique-grimpeur
  4. Pozzi A, Pivato G, Pegoli L. Hand Injury in Rock Climbing: Literature Review. J Hand Surg Asian-Pac Vol. févr 2016;21(01):13‑7.
  5. Hélias F. Conseils spécifiques de préparation à l’escalade – Prévention et réentraînement après blessures. Kinesither Rev. 2006;(58):23‑8.
  6. Issurin VB. New Horizons for the Methodology and Physiology of Training Periodization: Sports Med. mars 2010;40(3):189‑206.
  7. Perier A. SE RISQUER À DEUX. DE L’ESCALADE COMME VECTEUR THÉRAPEUTIQUE ET COMME MÉDIATION À L’ADOLESCENCE. Psychiatr Enfant. 2016;59(1):145‑72.
  8. Amatya B, Khan F, La Mantia L, Demetrios M, Wade DT. Non pharmacological interventions for spasticity in multiple sclerosis. Cochrane Multiple Sclerosis and Rare Diseases of the CNS Group, éditeur. Cochrane Database Syst Rev [Internet]. 28 févr 2013 [cité 7 juin 2021]; Disponible sur: http://doi.wiley.com/10.1002/14651858.CD009974.pub2